Présentation des Français Libres Orléanais
« MAINTENANT après tous ces combats
Qu’est ce qu’il reste ?
Il reste des braises
Des braises ardentes
Elles sont là !
Si vous en avez besoin un jour
SOUFFLEZ DESSUS
Vous verrez ce que ça donne ! »
Auteur inconnu
Il y a 80 ans, le 18 juin 1940, alors que la France vacillait sous l’assaut de la guerre-éclair menée par l’Allemagne, et que le maréchal Pétain s’apprêtait à signer un armistice mettant fin aux combats, le général de Gaulle, depuis Londres, lançait un appel à la Résistance. Il refusait la défaite et exhortait à poursuivre la lutte.
A Orléans, comme ailleurs en France et dans le monde, des hommes et des femmes ont suivi ce chemin, certains immédiatement, d’autres plus tard.
Ce site retrace le parcours des Français Libres d’Orléans, souvent méconnus, mais toujours remarquables.
Cet hommage aux Français Libres d’Orléans s’étend évidemment à tous les Français Libres, d’où qu’ils furent

Qui sont les Français Libres ? Qui sont-ils parmi l'ensemble des Résistants ?
Le 3 juin 1943 à Alger, les généraux de Gaulle et Giraud créent le Comité Français de Libération Nationale (CFLN), unifiant sous une même autorité les Forces Françaises Libres (FFL) et l’Armée d’Afrique, qui était restée subordonnée au Maréchal Pétain jusqu’à fin 1942. Cette fusion devient effective le 31 juillet 1943. À partir du 1er août 1943, il n’est donc plus possible de s’engager dans les Forces Françaises Libres, celles-ci ayant cessé d’exister officiellement.
Après guerre, deux textes ont défini avec précision la qualité de français libres.
En premier lieu, le Décret du 4 avril 1946 : une Médaille Commémorative des Services Volontaires dans la France Libre est créée pour honorer les services rendus volontairement par des civils et des militaires, français ou étrangers, ayant rejoint les FFL avant le 1er août 1943, ou ayant servi la France Libre sur un territoire soumis à l’autorité du Comité National de Londres ou dans des pays étrangers
Puis, le 29 juillet 1953, l’instruction N° 21022/SEFAG/EMP est publiée, officialisant la reconnaissance des services rendus à la France Libre et aux FFL. Ce texte permettait dès lors d’accéder à certains avantages liés à ce titre.
Ces deux textes définissent qui peut être qualifié de « Français Libre » :
- Les personnes ayant appartenu aux Forces armées de la France Libre ou à la marine marchande entre le 18 juin 1940 et le 31 juillet 1943.
- Les Résistants de l’Intérieur (agents réguliers P1 ou permanents P2, mais non les agents occasionnels O), ayant appartenu, avant le 1er août 1943, à un réseau de renseignement ou d’action reconnaissant l’autorité du général de Gaulle (la liste des réseaux de Résistance homologués FFL est publiée en janvier 1959 par la Revue de la France Libre).
- Les membres des Comités de la France Libre à l’Étranger.
- Les civils affectés à des postes administratifs en Grande-Bretagne et dans les territoires rallié
D’autres cas plus rares incluent :
- Les évadés avant le 8 novembre 1942 de France occupée ou de territoires sous contrôle du gouvernement de fait, ayant rejoint une unité FFL même après le 31 juillet 1943 pour des raisons de force majeure, telles que l’incarcération consécutive à leur é
- Ceux ayant trouvé la mort en tentant de rejoindre les FFL durant cette période.

Qui sont les Français Libres orléanais retenus pour cette liste ?
Il est rapidement apparu que limiter cette liste aux seuls natifs d’Orléans serait trop restrictif. Il a donc été décidé d’inclure les Français Libres ayant résidé à Orléans à un moment ou un autre de leur vie, ceux décédés dans la commune, ainsi que bien entendu, ceux ayant résisté dans la cité johannique.

La Méthodologie
La liste des Français Libres Orléanais s’est d’abord constituée à partir des sources suivantes :
- Les annuaires des membres de l’Association des Français Libres de 1951 et 1971.
- La liste des dossiers de Résistants homologués FFL du Service Historique de la Dé
Il a ensuite fallu chercher les résistants orléanais qui n’étaient ni homologués FFL, ni membres de l’Association des Français Libres, mais dont le parcours justifiait leur appartenance à la France Libre.
Les pistes de recherche suivantes ont également été explorées :
- La liste des Français Libres établie par Henri Ecochard, ancien combattant des FFL.
- La liste des membres du réseau Turma-Vengeance (Bibliothèque de documentation internationale contemporaine).
- « Au temps de l’héroïsme et de la trahison » de Paul Guillaume, éd. Librairie Loddé.
- « Cohors-Asturies : histoire d’un réseau de résistance, 1942-1944 » de Marie Granet, éd. Cahiers de la Résistance.
Le recensement des Français Libres en uniforme est relativement aisé, les FFL portant uniforme ayant bénéficié de services administratifs durant la guerre, ce qui a permis une homologation quasi systématique après-guerre (malgré certaines lacunes pour les engagements en Afrique Équatoriale Française).
En revanche, le recensement des Résistants de l’Intérieur est plus complexe. Pour des raisons de sécurité évidentes, les organisations de Résistance évitaient de conserver des listes nominatives. Les demandes d’homologation FFL ont dû être effectuées après la Libération par les Résistants eux-mêmes, leurs ayants droit en cas de disparition, et les liquidateurs des réseaux. Certains ne ressentirent pas le besoin de constituer un dossier, tandis que d’autres ignorèrent cette possibilité. C’est pourquoi de nombreux résistants orléanais, engagés avant août 1943 dans des réseaux FFL, ne sont pas homologués FFL.
Il convient de souligner que de nombreux titulaires de la Médaille de la Résistance française ne disposent pas de dossier de résistant ni d’homologation officielle. Cette situation illustre les limites des archives administratives pour retracer avec exactitude les parcours individuels des résistants.
Il a donc été nécessaire de reconstituer le parcours de nombreux résistants orléanais non homologués FFL, en vérifiant notamment, leur date et unité d’engagement.
Dans la mesure où leur consultation était possible, les dossiers de résistants ont constitué l’outil principal – et souvent indispensable – de nos recherches et vérifications.
La liste des Français Libres orléanais que nous présentons n’est ni exhaustive ni définitive. Nos recherches se poursuivent.
Ainsi si 182 noms sont gravés sur le monument, notre recensement actuel en compte 184. (Avril 2025)

Notices biographiques : Quelques précisions
Date de ralliement : Pour les Résistants de l’extérieur : date d’engagement dans les Forces Françaises Libres (Aviation, Terre, Marine, Administration, etc….)
Pour les Résistant de l’intérieur : date d’engagement dans un réseau de la France Libre. L’entrée dans la Résistance peut être antérieure (Résistance individuelle, réseau non FFL, Mouvement de Résistance)
Décoration : Il a été retenu de ne présenter que les médailles supérieurs à la Médaille de la Résistance Française dans l’ordre de préséance officiel des médailles françaises en date du 15 juillet 2010, soit :
- Légion d’honneur
- Croix de la Libération
- Médaille Militaire
- Ordre National du Mérite
- Croix de Guerre (1914-1918, 1939-1945, T.O.E.)
- Croix de la Valeur Militaire
- Médaille de la Gendarmerie Nationale
- Médaille de la Résistance Française
Ces distinctions sont mentionnées sous réserve des sources disponibles.
Grade :
P1 : Agent des réseaux, régulier non clandestin
P2 : Agent des réseaux, régulier clandestin ou interné/déporté
Discours du général de Gaulle, 18 juin 1942 :
« …..Les milliers d’entre nous qui, depuis le soi-disant Armistice, sont morts pour elle sur tant de champs de bataille d’Afrique et d’Orient, ou sur toutes les mers du globe, ou dans les ciels d’Angleterre, d’Érythrée, de Libye, ou pendant les nuits des combats de Saint-Nazaire ou aux matins des exécutions, ont mêlé le nom de la France à leur dernier soupir. Les millions d’entre nous qui restent debout, ou bien sur la terre nationale préparant les coups de la vengeance, ou bien frappant l’ennemi de leurs armes, ou bien maintenant, dans l’Empire libéré, à leurs postes d’administrateurs, de magistrats, de médecins, de professeurs, de colons, de missionnaires, sa souveraineté sacrée et sa bienfaisante influence, ou bien travaillant à l’étranger afin de lui garder ses amitiés et son rayonnement, ne veulent rien que servir la France, ne rêvent que lui être fidèles.Et, parce que rien de grand ne se fait sans la passion, la grande œuvre à laquelle le devoir nous a voués exige la passion de la France….. »
Les Français Libres Orléanais en chiffres
Résistance extérieure : Terre, Marine, Aviation, Administration, Comités de l’Etranger, BCRA Londres
Résistance intérieure : Membre des réseaux homologués FFL, sans être passé par BCRA Londres